Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 08:59

 

         Trois populations de moutons traditionnels ont été découvertes en Bretagne : deux moutons rustiques dit de landes, deux variétés très anciennes, l'un originaire de l'île d'Ouessant (29) et retrouvé dans le Sud Bretagne, l'autre du Pays de Guérande (44) et retrouvé sur une île des Marais de Brière, ainsi que le descendant du Mouton de Deux retrouvé à Belle-Ile (56), qui est un croisement créé au XVIIIe siècle entre le Mouton des Landes de Bretagne et le gros Mouton Flandrin (d'origine flamande et implanté depuis le XVIIe siècle dans le Poitou).  

 

mout boudin Etudes de chevaux et de moutons

     Mouton des Landes de Bretagne, oeuvre d'Eugène Boudin : "Etude de chevaux et de moutons".

 

         Les deux premiers moutons, retrouvés aux extrémités de la Basse-Bretagne (Ouessant / Guérande), peuvent prétendre être des moutons de landes de Bretagne, mais la variété retrouvée dans les Marais de Grande-Brière est plus proche dans ses caractéristiques du mouton breton commun, il correspond mieux à ce que l'on sait de l'ancien mouton, c'est pour cette raison qu'il a été dénommé par le groupement d'éleveurs Mouton des Landes de Bretagne.


         Ce site lui est consacré. Il est important de corriger les erreurs et approximations que l'on trouve sur certains sites, dont certains grand public, qui propagent des idées fausses (ex : date de découverte, couleur, fécondité, nom du mouton...). On trouvera sur mon blog une grosse partie des citations historiques que j'ai cherché et collecté depuis une dizaine d'années (les 3/4, le reste étant un peu plus anecdotique), j'ai tenu à donner toute l'information recueilli pour que chacun, notamment les éleveurs, puissent avoir l'idée la plus exacte possible de la réalité historique (et géographique) de ce mouton. 

 

mout land 9

                              Moutons des Landes de Bretagne, mes premiers animaux.

                     Le bélier vient de chez Mr P. Martin et la brebis de la réserve de Falguérec . 


       Le Mouton des Landes de Bretagne est un petit mouton rustique de couleur noire, commun jusqu'à la fin du XIXe siècle dans les landes des CINQ départements bretons, de Ouessant à Nantes. Les bouleversements de l'agriculture au cours du XIXe siècle, notamment la disparition des jachères et le défrichement des landes, feront chuter le nombre des bêtes à laine en Bretagne, le mouton ne trouve plus sa place dans cette nouvelle agriculture ; les rares animaux restant finiront croisés. Par chance, quelques moutons de l'île d'Ouessant ont été retrouvés dans des parcs de châteaux du continent, et le statut particulier des Marais de Grande-Brière a sauvé quelques moutons de landes. 


mouton landes quiberon

                 Troupeau de Moutons des landes de Bretagne dans la presqu'île de Quiberon (56)

 

        Le Mouton d'Ouessant a conservé davantage d'archaïsmes que celui de Brière (cornes plus fortes, queues plus courtes...). Entre ces deux variétés, Nord-Ouest / Sud-Est, il devait y avoir un continuum de sous-variétés, les moutons du nord Finistère devait être proches de ceux d'Ouessant en un peu plus grands, et les moutons du sud du Morbihan plus proches de ceux du Pays de Guérande, mais tous les types intermédiaires ont disparu. Ce dernier étant plus proche du mouton breton commun.


brière5                     Moutons des Landes de Bretagne servant à l'entretien du site de Carnac.


           Il reste donc actuellement deux variétés de l'ancien mouton breton qui ont été préservés grâce à un certain isolement insulaire (pas de défrichement des landes à Ouessant ou en Brière). Mais il n'y a pas que l'isolement : la Bretagne n'était pas un pays à moutons, c'était l'élevage bovin qui dominait partout, mais pourtant, certaines régions avaient développé une tradition d'élevage ovin, comme à Ouessant avec l'attache deux à deux et l'abri de pierre (gwasked)... et l'estive dans le marais en Brière, ce n'est peut-être pas totalement un hasard si ce sont ces deux variétés qui ont été préservées. 



   ouessant2.jpg     mouton de guérande  

 

          La sauvegarde du Mouton d'Ouessant (photo de gauche) est maintenant assurée, et il est important d'isoler (en temps que race) cette variété à cause des archaïsmes préservés par l'insularité : cornes façon mouflon, queue courte comme les moutons du nord de l'Europe et sa remarquable petite taille comme à au Moyen-Age. La variété briéronne du Mouton des Landes de Bretagne (photo de droite) peuplait le nord-ouest de la Loire-Atlantique, en particulier les Marais de la Grande-Brière et Presqu'île Guérandaise. Pour être exact, le nom officiel devrait donc préciser  "variété de Brière" ou "du Pays de Guérande". La matière du texte s'appuie à la fois sur des recherches historiques et sur l'état de la population actuelle, c'est à dire sur des articles déjà publiés (Mr Denis et Mr Malher principalement, Mr Reveleau...), et sur mes propres recherches personnelles commencées en 2000. La plupart de mes textes ont été écrit en 2003, puis largement complétés en 2008-2009 par de nombreuses autres citations accumulées depuis des années, et à nouveau en cours de remaniementLes citations concernant directement les moutons bretons seront écrites en bleu sur ce blog, les autres citations seront écrites en violet.

 

mout land 2

                                                          "En route vers le marché"

                Illustration  de Randolph Caldecott dans "Breton Folk - An artistic tour in Brittany"

          (Traduction d'Andrev Roparz, "Gens de Bretagne" éditions Keltia Graphic, 1994, page 70)

 

 

          Je commencerai par présenter les deux autres populations ovines de Bretagne :

         - le Mouton d'Ouessant, puisqu'il s'agit d'une variété insulaire de l'ancien mouton des Landes de Bretagne, c'est le plus connu des moutons bretons.

         - puis plus succinctement le Mouton de Deux retrouvé à Belle-île, un croisement.


           Le reste du site étant consacré plus spécifiquement à la variété de Guérande et Brière qui est plus proche de l'ancien mouton breton commun, comme je l'ai indiqué. Mon objectif étant d'encourager les éleveurs à faire en sorte que la population de moutons que l'on appelle à juste raison Mouton des Landes de Bretagne corresponde "à peu près" aux descriptions qui en est fait dans la littérature ancienne (noir et plutôt à cornes), et de réfléchir à l'articulation entre les trois moutons bretons, à leur complémentarité.  

 

            Le Mouton des Landes de Bretagne ne pourra pas être sauvegardé en devenant un mouton d'agrément comme le Mouton d'Ouessant, il faudra trouver une autre voie. Le Mouton de Deux (Belle-île) présente, de part sa prolificité, un intérêt pour la zootechnie moderne ; les brebis sont aussi d'excellentes laitières et quelques éleveurs ont tenté avec succès de les traire et produisent du fromage fermier. Pour la sauvegarde du Mouton des Landes de Bretagne, il faut donc trouver des débouchés différents, il faudra certainement s'appuyer sur la qualité de sa viande, très réputée jusqu'au XIXe siècle, peut-être trouver une nouvelle utilisation pour la laine. On peut utiliser l'image d'un animal original, et se démarquer nettement des races bouchères communes en produisant un mouton noir qui sort franchement de l'ordinaire pour le consommateur moyen. C'est l'originalité de ce mouton qui contribuera le mieux à le sauvegarder. Ce qui est évident, c'est qu'il faut se servir à fond de l'image du terroir, celle des Marais de Grande-Brière où il a été découvert en 1976, celle du Pays de Guérande déjà célèbre grâce au sel, et surtout celle de la Bretagne. L'utilisation de l'image du terroir est forcément un fort atout culturel, et aussi un fort atout économique, dans la préservation d'une race domestique menacée, un "mouton de pays". 

 

        Je précise aussi que je ne parlerai bien évidemment dans ce site que de la Bretagne réellec'est à dire de celle qui a été forgée par les bretons eux mêmes et des siècles d'histoire, telle qu'on peut la voir par exemple sur la carte ancienne ci-dessous (Jean B. Nolin, 1695). Ce mouton, retrouvé en Loire-Atlantique dans les Marais de Grande-Brière, est donc bien un mouton breton.

 

carte nolin bretagne

                     Ancienne carte de la Bretagne réelle et historique (Jean B. Nolin) 

 

 

 

                                                                      Christophe Josso, le 21  juillet 2008.


 


Par Maeleg Josoù
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 09:18

        J'ai voulu faire connaître le Mouton des Landes de Bretagne, en utilisant un site internet très connu : Wikipédia. Il existait déjà un article, qui n'était qu'un copier-coller d'une plaquette réalisée sur ce mouton, sans que la source soit indiquée. J'ai essayé en vain de compléter cet article, et de fournir une version résumée de mon blog sur ce site médiatique, à partir de la mi-juillet 2009. Mais aussitôt, j'ai été confronté à des utilisateurs incompétents, et même à la censure. Ces mésaventures m'obligent à pousser un coup de colère.

       Dès le lendemain de ma participation à Wikipédia, j'ai été confronté à un utilisateur indélicat qui s'est permis de triturer l'article que je retranscrivais, alors que j'étais en pleine rédaction. A peine un paragraphe, ou même une phrase, était écrite, que tout était bouleversé, j'étais totalement perdu dans mon propre texte ; parfois un paragraphe entier disparaissait parce que je n'avais même pas eu le temps de l'enregistrer, l'autre s'étant occuper entre temps de trafiquer le paragraphe que j'avais rédigé la demi-heure précédente, obligé de tout réécrire. C'est ce que l'on appelle le "respect" à Wikipédia, une règle très importante des collaborateurs de ce site. C'était jusqu'à mon français, très médiocre il faut en convenir, qui était revu : vocabulaire et expressions changés, phrases restructurées, modifiant ainsi le sens premier du texte. Et si j'osais dire que le texte écrit dans les minutes précédentes était "mon propre texte", cela faisait scandale puisque tout article est modifiable par n'importe quel utilisateur, peu importe qu'il soit en pleine rédaction. Elle est belle la politesse selon Wikipédia. Sous prétexte que je voulais finir un paragraphe avant qu'il soit totalement chamboulé, cet individu m'a accusé de ne pas accepter les règles de Wikipédia, ce qui est évidemment complètement faux. Il s'est auto-proclamé "correcteur" de l'article alors qu'il ne connait strictement rien au sujet, il n'a apporté strictement aucune information dans l'article, il s'est seulement hasardé, une seule fois, à fournir du texte, deux phrases comportant deux grossières erreurs que j'ai dû retirer. Il se permettait de faire le tri dans ce que j'avais écrit, en supprimant de façon complètement arbitraire des paragraphes entiers, en restructurant le texte d'une façon incohérente et illogique, façon "wikifikator". La place de la virgule semblait être plus importante pour cet individu que le fond, et aurait dû entrainée des justifications interminables, rendant impossible la rédaction de l'article. Mon refus de modifier constamment mon texte, que j'essayais de rétablir, a entrainé un acharnement hystérique de cet utilisateur pendant des mois, des chipotages sans fin. Connaissant bien le fonctionnement de Wikipédia, il a même été jusqu'à m'accuser de "vandalisme", (je vandaliserais mon propre travail !). Et on m'a bloqué sans aucune vérification malgré mes demandes à l'aide répétées. Je ne peux donc pas poursuivre la rédaction de cet article sur Wikipédia, ce que je regrette, cela aurait pu contribuer à faire connaître le Mouton des Landes de Bretagne.


        Cette expérience malheureuse me laisse plein d'interrogations et de doutes sur la qualité des autres articles dans Wikipédia, j'avais déjà remarqué des faiblesses et des erreurs dans de nombruex articles, mais j'étais indulgent, le projet est sympathique. Cette fois, j'affirme que la matière des articles est contrôlée par un "club" de gens très compétents en "wikification" (mise en forme "wikipédia"), mais qui peuvent s'avérer totalement incompétent sur le sujet des articles. En tant qu'enseignant, je ne manque plus une occasion de mettre en garde mes élèves sur la qualité des articles de Wikipédia. 
   

       Mais il y a pire que ces petits tracas. Je suis surtout révolté de la censure pratiquée sur ce site, je vais être contraint d'insister sur ce blog bien davantage sur la bretonnité de la Loire Atlantique, et donc sur la bretonnité du dernier troupeau découvert dans les marais de Brière. Que de difficultés pour parler de "Bretagne historique" au sujet de la répartition historique de ce mouton ! La propagande anti-bretonne en Loire Atlantique s'infiltre partout, elle n'a pourtant pas sa place dans un petit article sur une petite population de moutons rustiques. Quand cette population ovine a été retrouvée dans le nord-ouest de la Loire Atlantique, tout le monde a bien évidemment pensé à l'ancien Mouton des Landes de Bretagne, à commencer par le professeur B. Denis, président de la Société d'Ethnozootechnie, qui en parle par exemple dans un article comme "Le mouton breton". Or, il semble que parler de Bretagne au sujet du département de la Loire Atlantique pose problème sur Wikipédia, j'ai été censuré par deux ou trois utilisateurs, ignorant totalement la réalité bretonne (et les sondages...) pour "opinion minoritaire" ! Même des citations anciennes (ouvrages du XIXème siècle) ont été retirées, parce qu'elles parlent de Bretagne pour notre département de Loire Atlantique !! A ce niveau, on peut parler de révisionnisme.

 

        Je n'arrive pas à comprendre comment quelqu'un, qui ne connait strictement rien à l'histoire et à la culture populaire de Loire Atlantique, peut oser m'expliquer que je ne suis pas breton !!! Il est vrai que c'est l'air du temps, la propagande anti-bretonne en Loire Atlantique s'étale sans complexe, le jacobin ignare suinte, vomit et se vide de sa crétinerie partout où il peut, dans le  numéro d'octobre 2009 du journal municipal Saint Nazaire Magazine on trouve une perle consternante au sujet du roman d'Alphonse de Châteaubriant : "La Brière" : "Pour décrire les passions qui hantent ces paysans briérons isolés du monde moderne et la nature du bocage vendéen, son territoire d'origine", citation reprise telle quelle de l'éditeur du roman. Il est extrêmement étonnant qu'un site soit disant encyclopédique comme Wikipédia participe d'une idéologie exécrable. Dans la revue municipale n° 311 de la ville du Mans de décembre 2009 on peut lire (p 17) : "L'association Moutons de Bretagne qui oeuvre elle en faveur de la promotion de plusieurs races ovines originaires du Grand Ouest.", l'auteur se trompe puisque, comme son nom l'indique, cette association s'occupe uniquement de la promotion des moutons bretons ; à moins que ce soit encore de la propagande, son "grand ouest" serait peut-être le nouveau nom de la Bretagne historique, comprenant la région administrative de Rennes (Bretagne amputée) et le département de la Loire-Atlantique.      


         On baigne à Wikipédia dans cette ambiance assez éloignée de l'esprit encyclopédique. Il est important de corriger les erreurs et approximations, et ne pas se contenter de banalités. Toutes les citations censurées par Wikipédia se trouvent sur ce blog, avec toutes les références nécessaires pour chacun puisse vérifier. En fouillant un peu, on trouve très facilement de nombreuses citations sur notre mouton, je n'ai pas tout mis, j'ai fait un choix, ou plus exactement refait un choix, afin de mettre en valeur la bretonnité de ce mouton et de la région d'origine du dernier troupeau : la Brière et le Pays de Guérande.

 

        Il reste dans l'article de Wikipédia quelques paragraphes que j'ai écrit, qui se retrouvent isolés de l'article d'origine, d'où la confusion, et quelques citations ont survécu à la "wikification" et sont cités en vrac. Je n'ai plus l'intention d'aller remettre de l'ordre dans cet article en français, mais il est probable, que j'écrive un article sur ce mouton en breton.        

 

                                            Christophe Josso, le 06 décembre 2009,
                                de Guérande en Bretagne, n'en déplaise aux imbéciles.

Par Maeleg Josoù - Publié dans : animaux de ferme
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